Classement meublé de tourisme : les inconvénients à connaître avant d’investir

Points essentiels à retenir :

  • Le classement meublé de tourisme offre désormais un abattement fiscal de 50% (contre 71% auparavant) sous le régime micro-BIC pour les biens classés.
  • Les meublés non classés ne bénéficieront plus que d’un abattement de 30% (avec un plafond de 15 000 € de revenus locatifs annuels).
  • Le classement reste temporaire (5 ans) et nécessite des renouvellements payants.
  • À partir de 2025, les communes pourront réduire la location de résidences principales à 90 jours par an (contre 120 jours actuellement).
  • Un DPE obligatoire sera exigé pour tout nouveau meublé de tourisme soumis à autorisation de changement d’usage.
  • La gestion est chronophage avec des contraintes administratives renforcées.
  • Des amendes plus lourdes sont prévues en cas de non-respect des nouvelles règles.

Vous envisagez d’investir dans un meublé de tourisme classé pour maximiser la rentabilité de votre bien immobilier ? Avant de vous lancer, prenez le temps d’analyser les inconvénients de ce type d’investissement qui pourraient impacter significativement votre retour sur investissement.

Qu’est-ce qu’un meublé de tourisme classé ?

Selon l’article L. 324-1-1 du Code du tourisme, un meublé de tourisme est un local à usage d’habitation (studio, appartement ou villa) affecté à la location saisonnière. Caractéristiques principales :

  • Il est loué entièrement au locataire, sans présence du propriétaire
  • La location s’effectue à la journée, à la semaine ou au mois
  • La durée maximale est de 90 jours avec le même locataire
  • Le logement n’est pas la résidence principale du locataire

Le classement, quant à lui, correspond à l’attribution d’étoiles (de 1 à 5) reflétant le niveau de confort et la qualité des prestations offertes. Cette notation s’effectue sur la base de 133 critères répartis en trois catégories :

  • Les équipements
  • Les services au client
  • L’accessibilité et le développement durable

Tableau comparatif des avantages et inconvénients du meublé de tourisme classé (2025)

Avantages Inconvénients
Abattement fiscal de 50% (micro-BIC) pour les biens classés Classement temporaire (5 ans)
Rentabilité potentiellement élevée Coûts récurrents de renouvellement
Tarifs de location plus élevés Limitation possible à 90 jours/an pour les résidences principales
Valorisation du bien immobilier Gestion chronophage
Exonération possible de taxe d’habitation (zones rurales) DPE obligatoire (classe E minimum jusqu’en 2033)
Obligation de collecter la taxe de séjour
Risque d’interdiction en copropriété (vote à la majorité)
Amendes administratives renforcées (jusqu’à 20 000€)

Les contraintes réglementaires : un cadre de plus en plus strict

Les nouvelles règles de 2025 renforcent considérablement les contraintes réglementaires pour les meublés de tourisme :

Obligations de base maintenues

  • Équipements de sécurité obligatoires : détecteurs de fumée dans chaque pièce, extincteurs et plans d’évacuation
  • Démarches administratives préalables auprès de la mairie

Nouvelles obligations à partir de 2025

  • Déclaration obligatoire nationale : au plus tard le 20 mai 2026, toutes les locations devront être enregistrées via un téléservice national dédié
  • Preuve de résidence principale : obligation de fournir l’avis d’imposition établi à votre nom avec l’adresse du meublé
  • DPE obligatoire pour tout nouveau meublé de tourisme soumis à autorisation de changement d’usage :
    • Classes A à E minimum jusqu’au 31 décembre 2033
    • Classes A à D minimum à partir du 1er janvier 2034
  • Information obligatoire au syndic : tout copropriétaire se déclarant loueur en mairie devra en informer le syndic

Attention : les sanctions sont considérablement renforcées :

  • 50 000 euros d’amende et astreinte de 1 000 euros par jour pour l’absence d’autorisation préalable
  • Nouvelles amendes administratives :
    • 10 000 euros maximum en cas de défaut d’enregistrement
    • 20 000 euros maximum en cas de fausse déclaration ou d’utilisation d’un faux numéro d’enregistrement
    • 5 000 euros maximum pour non-respect des règles relatives au DPE
    • Astreinte administrative de 100 euros par jour pour absence de transmission du DPE

Règles de copropriété assouplies mais risquées pour les loueurs

À partir de 2025, un vote à la majorité des deux tiers (et non plus à l’unanimité) pourra modifier le règlement de copropriété pour interdire la location en meublé de tourisme.

Un classement temporaire et coûteux

Le classement en meublé de tourisme présente deux inconvénients majeurs :

  1. Sa durée limitée à 5 ans : passé ce délai, vous devez renouveler votre demande et payer de nouveaux frais
  2. Son coût initial et récurrent :
    • Investissements pour atteindre les standards requis (équipements de sécurité, mobilier moderne, électroménager)
    • Frais de procédure de classement (variables selon l’organisme choisi, la superficie et le nombre d’équipements)
    • Coûts d’entretien et de renouvellement des équipements pour maintenir le niveau de classement

Il est impossible d’anticiper le nombre d’étoiles que vous obtiendrez à l’issue de l’évaluation, et vous ne disposez que de 15 jours pour refuser le classement obtenu. Passé ce délai, il reste valable pour 5 ans !

Les limitations renforcées sur la durée de location

La réglementation évolue avec deux types de limitations importantes :

  1. Limitation par locataire : maximum de 90 jours consécutifs avec le même locataire, ce qui empêche :
    • Des locations de moyenne durée
    • Des locations à des étudiants pour l’année universitaire
    • Des locations à des professionnels en mission de plusieurs mois
  2. Nouvelle limitation annuelle pour les résidences principales : à partir de 2025, les communes pourront réduire la durée maximale de location touristique des résidences principales à 90 jours par an (contre 120 jours actuellement).

Attention : le dépassement du nombre de jours autorisé pourra être sanctionné par une amende civile de 15 000€.

Ces restrictions vont significativement réduire votre marché potentiel et complexifier la gestion de votre bien, surtout dans les zones touristiques où les communes risquent d’adopter les limitations les plus strictes.

La fiscalité : des changements majeurs en 2025

La loi du 19 novembre 2024 modifie considérablement le régime fiscal des meublés de tourisme à partir du 1er janvier 2025 :

  • Meublés classés et chambres d’hôtes : abattement fiscal réduit à 50% (contre 71% auparavant) avec un plafond de 77 700€ de revenus locatifs annuels
  • Meublés non classés : abattement fiscal limité à 30% avec un plafond de 15 000€ de revenus locatifs annuels
  • Le régime réel : reste disponible avec déduction de l’intégralité des charges (intérêts d’emprunt, etc.) et amortissement du bâti et du terrain

Cette réduction significative des avantages fiscaux du micro-BIC rend le régime réel potentiellement plus avantageux pour de nombreux propriétaires, particulièrement ceux ayant des charges importantes ou en début de crédit immobilier. Une analyse fiscale approfondie est désormais indispensable avant de choisir entre meublé classé et non classé.

La taxe de séjour : une obligation supplémentaire

En tant que propriétaire d’un meublé de tourisme classé, vous devez :

  • Collecter la taxe de séjour auprès des vacanciers
  • La reverser à la commune

Le montant de cette taxe varie selon le classement de l’hébergement et les décisions de la collectivité locale. Cette obligation représente une charge administrative supplémentaire qui vient s’ajouter à la gestion quotidienne.

Une gestion chronophage

La gestion d’un meublé de tourisme classé est particulièrement exigeante en temps et en énergie :

  • Gestion des réservations et réponse rapide aux demandes
  • Coordination des arrivées et départs à des horaires variables
  • Ménage et maintenance entre chaque séjour
  • Relation client de haute qualité pour maintenir la réputation

Deux options s’offrent à vous :

  1. Gérer vous-même : cela peut devenir une activité à plein temps
  2. Faire appel à un gestionnaire professionnel : solution pratique mais qui réduit votre marge bénéficiaire

Les nouveaux pouvoirs des maires

La loi du 19 novembre 2024 élargit considérablement les pouvoirs des maires concernant la régulation des meublés de tourisme :

  • Définition de quotas d’autorisations de meublés de tourisme
  • Réservation de secteurs dans le plan local d’urbanisme (PLU) pour les constructions de résidences principales
  • Réduction de la durée maximum de location des résidences principales à 90 jours par an (contre 120 jours actuellement)
  • Extension du règlement de changement d’usage à tous les locaux non destinés à l’habitation
  • Pouvoir de sanction renforcé avec de nouvelles amendes administratives

Ces nouvelles prérogatives donnent aux communes des outils puissants pour limiter le développement des meublés de tourisme, particulièrement dans les zones tendues où la pression immobilière est forte.

Conclusion : repenser sa stratégie d’investissement

Face à ces nouvelles contraintes et à la réduction significative des avantages fiscaux, il est impératif de reconsidérer la pertinence du meublé de tourisme dans votre stratégie d’investissement locatif. Les changements prévus pour 2025 modifient profondément l’équation de rentabilité.

Actions à entreprendre dès maintenant :

  • Réévaluer la rentabilité de vos meublés existants avec les nouveaux taux d’abattement
  • Vérifier le DPE de vos biens et planifier d’éventuelles rénovations énergétiques
  • Consulter un expert fiscal pour déterminer le régime le plus avantageux (micro-BIC vs réel)
  • S’informer auprès de la mairie sur les futures restrictions locales
  • Anticiper les votes en copropriété qui pourraient interdire la location touristique

Le meublé de tourisme classé reste une option viable, mais uniquement dans certaines configurations : bien à fort potentiel touristique, performance énergétique suffisante, et si vous êtes prêt à assumer des contraintes administratives et de gestion renforcées.

Vous cherchez des alternatives ? Le régime réel avec location classique meublée (bail d’un an), la colocation, ou les solutions clés en main pourraient offrir un meilleur équilibre entre rentabilité et contraintes dans ce nouveau contexte réglementaire.

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